Direct USA : CDNetworks accélère le web et échangent entre datacenters
En reportage chez les acteurs américains des infrastructures – Silicon Valley : lorsqu’une entreprise sud-coréenne s’intéresse à l’accélération de la fourniture de contenu, elle s’impose comme un acteur mondial, fournisseur du cloud, profitable… et s’installe dans la Silicon Valley.
Internet n’est pas la panacée coté performances ! Le réseau a beau être mondial et adopté par quasi tout le monde, il affiche ses limites. Ainsi la performance se dégrade lorsque la distance qui sépare l’utilisateur du datacenter augmente. Cette inefficacité est basée sur internet. Pour l’internaute lambda, cette dégradation n’a que peu d’importance, il n’y est même sans doute que peu sensible. Mais lorsqu’il s’agit de business, par exemple d’être réactif afin de ne pas laisser à l’internaute le temps de réfléchir dans son acte d’achat, la perte de fluidité peut se révéler dramatique. « Time is money… », rappelle non sans malice Samuel Ko, fondateur et CEO de CDNetworks, qui ne s’exprime qu’en coréen.
Pour Alexei Tumarkin, CTO de CDNetworks, ce n’est pas un problème de distance mais d’échange entre protocoles internet. « Internet n’a pas été conçu pour cela. Internet n’est pas un accélérateur dynamique de distribution. Pour injecter de l’information, il faut maintenir une connexion TCP de qualité entre des serveurs sous contrôle. Et le maintien de cette liaison ne rend plus nécessaire la reconnaissance de la connexion. Ce qui est vraiment efficace, c’est de limiter les aller-retour, de minimiser l’empilement des protocoles et de réduire la perte de paquets, et donc de réaménager ces derniers pour les expérier en un seul saut. Le plus longtemps la donnée est sur le réseau contrôlé, le mieux c’est. Et cela fonctionne sur toutes les applications HTTP. »
C’est ainsi que les fondateurs coréens de CDNetworks se sont posé la question dès 2000 afin de proposer une solution à la dégradation de la connexion entre des entreprises locales et leurs homologues chinoise. Problématique locale mais qui impacte l’ensemble du monde, car qui ne travaille pas avec la Chine aujourd’hui ? La réponse est venue logiquement, et elle porte un nom : CDN (Content Delivery Network). Elle consiste à placer des serveurs d’accélération – sous la forme d’appliances SSE, SSL, DPN, etc. – en des endroits stratégiques, mais en conservant l’approche client serveur.
« Le temps a un impact immédiat sur résultat. Nous optimisons les performances globalement afin de se rapprocher des performances locales, commente Alexei Tumarkin. Nous pensons que la majorité des utilisateurs ne veulent pas retravailler leur réseau. C’est pourquoi nous choisissons l’implantation de nos datacenters en visant la proximité des utilisateurs. »
CDNetworks a ainsi été la première entreprise étrangère à posséder un datacenter en Chine, elle en a placé 3, ainsi qu’en Afrique, en Russie, etc. Son réseau aligne aujourd’hui plus de 100 pops répartis dans 52 pays. Ayant démarré en Asie, alors que ses concurrents, principalement Akamai, affichent en majorité leur origine américaine, la compagnie s’est plus rapidement voulue globale. En revanche, même si les fournisseurs d’accès ne sont pas le cœur de la technologie CDNetworks, ce dernier qui pilote en permanence son infrastructure, négocie avec les providers afin de sélectionner en permanence le plus efficace au moment souhaité.
« Tous les acteurs importants du web considèrent le CDN comme une part de leur infrastructure », constate Scot Brenton, vice-président ventes US. Avec sa vision CDN et Cloud, la start-up s’est déployée depuis l’Asie sur un business devenu global, nécessitant donc une extension mondiale avec une expertise de terrain. CDNetworks est désormais un des premiers fournisseurs de cloud. Qui plus est profitable, avec un chiffre d’affaires qui a dépassé les 100 millions $ ! « Notre compagnie veut porter le CDN à un autre niveau, celui de l’entreprise étendue. Nous fournissons une plateforme d’infrastructure web unifiée : accélération dynamique du web, accélération du contenu, accélération des médias, stockage cloud, Cloud DNS, portails, ainsi qu’une présence physique enChine. Notre audience est globale, sur le terrain et dans notre expertise. A nous de transformer notre technologie en revenus… »
Pour cela, CDNetworks ne vend pas ses solutions matérielles et logicielles, mais un service réseau. Difficile cependant d’obtenir une idée des prix pratiqués, dont le modèle varie selon les services, les applications et les volumes. Nous obtiendrons quand même une fourchette : entre 5.000 et 500.000 euros par mois…


