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Face aux mutations du secteur bancaire, adoptons le modèle de partenariat

Par Arthur Engamba, Responsable Offre Core Banking, Steria France

> Arthur Engamba analyse les mutations en cours dans le domaine bancaire et les nouveaux enjeux sous-jacents.

La banque d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec celle du début des années 2000. Durant cette décennie, la fourniture des services au domaine bancaire a connu de réels bouleversements, avec notamment une forte accélération de la transformation depuis trois à quatre années. Pourquoi ce soudain emballement ?

Au moins trois grandes raisons l’expliquent ; premièrement, un marché mature marqué par la multi-bancarisation donc devenu fortement concurrentiel ; deuxièmement, une pression réglementaire accrue depuis le début des années 2000 : IAS/IFRS, Bâle 2, MIF, SEPA et leurs différentes versions associées ; enfin, les crises financières (subprimes, dettes publiques) ayant mis à mal le niveau des fonds propres et la rentabilité des banques.

Adopter une stratégie double ou en deux axes

Seule une stratégie tant offensive que défensive permet de faire face à cette nouvelle donne bancaire. La stratégie défensive se développe en deux axes, qui se déclinent en la sauvegarde des banques par une meilleure maîtrise des risques et par la préservation des fonds propres. En 2011 Dexia a été mise en faillite après des pertes de plusieurs milliards d’euros la même année. La stratégie offensive repose sur trois éléments : la densification du taux d’équipement du portefeuille client et l’amélioration de la captation, le développement de nouveaux relais de croissance et à forte rentabilité, une plus grande agilité.

Les nouvelles attentes des institutions bancaires

Les nombreuses crises et les menaces qui ont marqué l’histoire récente des banques contribuent à définir une relation plus partenariale entre les banques et leurs prestataires. Nous passons de plus en plus d’un modèle « client à fournisseur » à un modèle « partenaire à partenaire ». De façon croissante, les banques ont besoin de s’appuyer sur des partenaires locaux, régionaux ou globaux, capables d’intégrer leurs enjeux des banques et de proposer des solutions innovantes, quelques fois même avec des modèles en partage de risque. Le terme « solutions » prend toute son ampleur dans la façon dont les principaux acteurs de la prestation de services se réalignent actuellement, pour passer vers le mode partenarial, qui implique que les entreprises se positionnent dans une logique de type « problème VS solution » et non plus de type « besoin VS prestation ».

De la transformation du modèle industriel des prestataires de services

Ce changement n’est donc pas sans effet. Les prestataires de services doivent être capable de mieux comprendre les enjeux et menaces du monde bancaire, d’imaginer la banque de demain (exercice nouveau pour la plupart des acteurs), de proposer des modèles plus profitables ainsi qu’un portefeuille de services couvrant une chaine de valeur plus large allant des services de transformation vers les services d’exploitation. Pour mieux comprendre les banques, les sociétés de services et Steria ont développé des offres verticales portées par des experts métiers. Ces verticaux doivent être capables de comprendre les concepts les plus complexes, et surtout de prendre du recul pour imaginer des solutions, des modèles innovants. Les modèles de délivrance de services multi-zones (Onshore, Nearshore, Offshore) se sont renforcés afin de proposer des modèles de coûts et d’industrialisation optimisés. Cela implique aussi d’avoir des acteurs de plus en plus internationaux afin d’accompagner les banques sur leurs différents marchés.

Un partenariat encore perfectible

Une relation de partenaire à partenaire suppose de veiller un maximum à un certain équilibre. Or, le contexte de crise, nous le constatons, favorise quelques fois les tendances à relancer la guerre des prix entre les différents prestataires. Néanmoins, les mutations en cours encouragent fortement à adopter un modèle du type partenariat. Seul ce modèle permettra d’absorber des transformations aussi rapides que celles que nous connaissons aujourd’hui, faire face aux nouvelles menaces et combiner les expertises pour inventer les modèles de croissance de demain. Il est captivant de penser à ce que pourrait être la banque de demain : passer du « multicanal » à ce que nous appellerions le « sans coutures » – commencer une transaction sur son ordinateur et la terminer sur son portable, avoir sa banque comme interlocuteur universel…

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